Le prix par SMS est le critère le plus regardé, et le moins déterminant. Voici la grille d'évaluation qui compte vraiment quand on envoie des notifications de commande et des campagnes marketing depuis une boutique en ligne.
La plupart des comparatifs de plateformes SMS s'arrêtent au tarif unitaire. C'est le chiffre le plus facile à mettre dans un tableau, et celui qui prédit le moins bien votre satisfaction six mois plus tard. Un message à 0,04 € qui part hors des plages autorisées, qui n'atteint pas les mobiles récents ou qui ne remonte aucune donnée de conversion coûte plus cher qu'un message à 0,05 € qui fait son travail.
Cet article propose sept critères d'évaluation applicables à n'importe quel prestataire. Chacun se termine par les questions concrètes à poser en démonstration — celles dont la réponse est vérifiable, pas celles qui appellent une plaquette commerciale.
Tous les éditeurs répondront oui à la première question. Elle ne discrimine rien. Ce qui distingue les plateformes, c'est la part du travail de conformité qu'elles prennent en charge à votre place — parce que chaque règle laissée à votre vigilance finira par être oubliée un vendredi de soldes.
Quatre mécanismes doivent être automatiques et non optionnels : le traitement des réponses STOP avec mise à jour immédiate d'une liste d'opposition permanente ; le blocage des envois hors plages autorisées pour les messages promotionnels ; la séparation des flux marketing et transactionnels, qui n'obéissent pas aux mêmes règles ; et l'horodatage des consentements, seule preuve exploitable en cas de contrôle.
Attention à une confusion fréquente : les plages horaires d'envoi des SMS marketing — en pratique du lundi au vendredi de 8h à 20h et le samedi de 10h à 19h, hors dimanches et jours fériés — relèvent des recommandations de la CNIL et des usages professionnels du secteur, et non d'un décret. Le décret de 2022 qui fixe des créneaux précis vise le démarchage téléphonique. Un prestataire qui vous parle d'« obligation légale » sur ce point récite sans vérifier.
C'est la distinction la plus coûteuse à découvrir après signature. Beaucoup d'outils excellents en campagne — vous sélectionnez un segment, vous rédigez, vous envoyez — sont médiocres en notification, où le message doit partir seul, déclenché par un changement de statut de commande, sans que personne ne touche à l'interface.
Or dans l'e-commerce, le volume transactionnel dépasse largement le volume promotionnel, et c'est lui qui construit la relation : une confirmation de commande est ouverte par presque tout le monde, une promotion par une fraction. Un outil qui ne sait pas réagir aux événements de votre boutique vous condamne à l'export CSV hebdomadaire.
Le socle minimal couvre cinq événements : confirmation de commande, préparation, expédition avec numéro de suivi, livraison, et relance de panier abandonné. Au-delà, la vraie souplesse consiste à pouvoir associer un message à n'importe quel statut de commande, immédiatement ou en différé.
Le mot « intégration » recouvre des réalités qui n'ont pas le même coût pour vous. Une application native s'installe depuis la boutique d'applications, lit les commandes et écrit dans les notes : rien à maintenir. Un connecteur no-code via Zapier ou Make fonctionne bien, mais ajoute un abonnement tiers et une dépendance de plus. Une API seule signifie qu'il vous faudra un développeur, ce qui est parfaitement acceptable si vous en avez un, et bloquant sinon.
Les trois approches sont légitimes. Le problème naît quand un commercial présente la troisième en employant le vocabulaire de la première. Demandez systématiquement à voir l'installation, pas une capture d'écran.
Vérifiez aussi la traçabilité : les messages envoyés apparaissent-ils dans la fiche de commande de votre boutique ? C'est ce qui permet à votre service client de savoir ce que le client a reçu, sans ouvrir un second outil.
Le RCS est le successeur du SMS : image haute définition, carrousel de produits, boutons cliquables, et surtout un expéditeur vérifié affichant le nom et le logo de votre marque. Pour un e-commerçant, la différence est directe : le SMS annonce qu'une collection est arrivée, le RCS la montre et permet de l'acheter sans quitter l'application Messages.
La couverture atteint environ 85 % du parc mobile français — Android via Google Messages, et iPhone depuis iOS 18 en septembre 2024. Ce chiffre a une conséquence pratique : le RCS ne remplace pas le SMS, il s'y ajoute. La question à poser n'est donc pas « faites-vous du RCS » mais « que se passe-t-il pour les 15 % restants ».
La bonne réponse est le repli automatique : la plateforme teste la compatibilité de chaque destinataire au moment de l'envoi, délivre la version enrichie à ceux qui peuvent la recevoir et une version texte aux autres. Une seule campagne, aucune liste à segmenter.
Un délai à anticiper. Diffuser en RCS sous votre marque suppose la création d'un agent RCS validé par Google. Comptez 2 à 4 semaines. Certaines plateformes en libre-service laissent cette démarche à votre charge — c'est un point à clarifier avant de signer, pas après.
La plupart des tableaux de bord s'arrêtent au premier niveau. Il faut savoir lequel on vous montre.
Le taux de délivrabilité mesure ce qui est arrivé sur le mobile. C'est un indicateur de qualité technique, utile pour détecter une base vieillissante, mais il ne dit rien de l'efficacité — un message livré à 99 % et ignoré par tous reste un échec.
Le taux de clic suppose des liens de suivi individualisés. Vérifiez qu'ils sont générés automatiquement et non à construire à la main, et qu'ils n'altèrent pas la lisibilité du message.
Le chiffre d'affaires attribué est le seul chiffre qui permette d'arbitrer un budget. Il exige que la plateforme relie le clic à la commande dans votre boutique. Peu d'outils le font vraiment ; ceux qui l'affichent doivent pouvoir expliquer leur fenêtre d'attribution — 24 heures et 7 jours ne racontent pas la même histoire.
Trois éléments transforment un tarif affiché en coût réel. D'abord la structure : un abonnement mensuel se paie même les mois creux, un fonctionnement en crédits prépayés ou en postpaiement ne coûte que ce que vous envoyez. Pour une activité saisonnière — et l'e-commerce l'est presque toujours — l'écart annuel est considérable.
Ensuite les frais annexes : création de l'agent RCS, personnalisation de l'expéditeur, accès à l'API, dépassement de quota. Demandez une grille complète, pas le prix d'appel.
Enfin le coût par conversion, seul indicateur qui compte. Un RCS coûte deux à trois fois plus cher qu'un SMS à l'unité ; s'il génère nettement plus de clics, son coût par vente devient inférieur. Raisonner au message revient à choisir un canal sur sa facture plutôt que sur son rendement.
| Élément de coût | Ce qu'on vous annonce | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|---|
| Prix unitaire | Le tarif du plus gros palier | Le tarif de votre volume réel |
| Abonnement | « À partir de X € / mois » | Existe-t-il une formule sans engagement ? |
| Crédits | Achetables à tout moment | Ont-ils une date d'expiration ? |
| Agent RCS | Rarement mentionné | Création facturée ? Démarche à votre charge ? |
| API et connecteurs | « Inclus » | Inclus dans quelle formule ? |
| Support | « Réactif » | Langue, horaires, canal, délai contractuel |
Une campagne qui ne part pas un samedi de soldes, un expéditeur refusé, un agent RCS bloqué en validation : ces situations arrivent, et leur coût dépend entièrement de la vitesse de réponse. Un support qui répond en anglais sous 48 heures et un support joignable en français dans la journée ne rendent pas le même service, quel que soit le prix affiché.
Deux points méritent d'être vérifiés avant l'engagement. La langue et le fuseau horaire réels du support — pas la langue de l'interface. Et l'accompagnement au démarrage, en particulier sur la création de l'agent RCS et le paramétrage des premières automatisations : c'est là que se joue la différence entre un compte actif et un compte ouvert puis oublié.
Nous publions cette grille en sachant qu'elle nous est appliquée aussi. Voici nos réponses, formulées de façon vérifiable — vous pouvez les confronter à celles de n'importe quel autre prestataire.
| Critère | Chez Conexteo |
|---|---|
| 1. Conformité | STOP et liste d'opposition automatiques, blocage horaire actif sur demande, flux marketing et transactionnels séparés, horodatage des consentements, données hébergées dans l'Union européenne. |
| 2. Notifications | 5 événements natifs plus des règles personnalisées sur n'importe quel statut de commande, immédiates ou différées. Le numéro est capturé dès sa saisie, avant le paiement, pour la relance de panier. |
| 3. Intégration | Application native Shopify et extension WooCommerce, PrestaShop, connecteur HubSpot, Zapier, Make et n8n, API REST avec SDK PHP, Python, Node.js, Java et C#. Envois tracés dans la fiche de commande. |
| 4. RCS | SMS et RCS sur une seule interface, repli SMS automatique, création et soumission de l'agent RCS prises en charge — comptez 2 à 4 semaines de validation. |
| 5. Reporting | Livraison, ouverture RCS, clics par lien individualisé, export CSV. |
| 6. Tarifs | Sans abonnement ni engagement. SMS à partir de 0,042 € HT sur le pack de 100 000, RCS de 0,12 à 0,09 € HT selon le volume. Voir les tarifs SMS et les tarifs RCS. |
| 7. Support | Opérateur français, support en français aux horaires français, accompagnement à la création de l'agent RCS inclus. |
Le critère que nous ne cochons pas complètement. Notre reporting s'arrête au clic : nous ne calculons pas encore le chiffre d'affaires attribué à une campagne. Si ce point est décisif pour vous, posez la question à tous les prestataires que vous consultez — et demandez à voir un rapport réel, la fonctionnalité est plus souvent annoncée que livrée.
Inscription gratuite, 5 messages offerts, sans carte bancaire. Le meilleur moyen de vérifier les sept critères reste de les essayer.
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